Lefevre Jean Claude

Lectures expositions
1993-2010
– Fragments générique
1977-2010

– Performance

Le Générateur

Vendredi 22 octobre de 18h à 2h

 

Pour FRASQ, Lefevre Jean Claude a enregistré une dizaine d'heures de textes — matériau repris et retravaillé d’après les lectures effectuées entre décembre 1993 et juin 2010. L'artiste double cet enregistrement d’une diffusion en boucle de fragments datés 1977-2010, surimpression textuelle de la pièce sonore : cartel écran mis au point avec l’aide du collectif 1.0.3. 

« Depuis la fin des années 1970, Lefevre Jean Claude tient un inventaire minutieux de son activité artistique. Ce récit est fait de notations quasi quotidiennes, incessamment reprises, et se décline sous différentes formes, de l'affichage des Tableaux parisiens aux Lectures expositions. Alors même qu’il paraît urgent de rassembler, inventorier, conserver, étudier les archives d'artistes des XXe et XXIe siècles, certains fonds s'imposent par leur caractère actif, voire dynamique, peut-être même irréductible à tout traitement autre que celui opéré par l’artiste. Leur statut glisse de la documentation sur… vers le travail de… »
– Marie-Hélène Breuil


Lefevre Jean Claude est en 1946 à Coutances. Il vit et travaille à Gentilly.

Extraits :

Mardi 1er février 1977,
Adresse à Jean Clair, conservateur au MNAM en charge de la rétrospective Marcel Duchamp, un télégramme marqué des initiales [m.f.s.] et signé [mona lisa].

Avril 1977,
Encouragé par l’annonce d’un colloque Marcel Duchamp au Centre culturel international de Cerisy-la-salle, note sur des feuilles quadrillées 5 x 5, quelques pistes de réflexion ; arrête même le titre [au revoir duchamp et à la prochaine…].
D’après un croquis conservé, daté mai 1977, ai le projet d’une exposition en galerie autour et en référence à Marcel Duchamp. Fais mention de textes encadrés, présentés calés entre cimaise et plafond / cimaise et sol, + une photo de l’urinoir de 1917, signée Stieglitz, agrandie et adossée au mur.

Juillet 1977,
Stimulé par la proximité géographique de notre lieu de vacances : Regnéville-sur-mer, village situé à une vingtaine de kilomètres de Cerisy-la-Salle, reprends le projet autour du ready-made de 1917 : objet chargé, étiqueté, signé et daté + textes, prélevés dans les livres et revues de ma jeune bibliothèque, reproduits en autant de photocopies recto verso, n&b, que je compte adresser quotidiennement aux membres dudit colloque programmé du 25 juillet au 5 août 1977.


L’acheminement par voie postale se révèle le moyen technique le mieux adapté à pénétrer un espace culturel vécu, depuis mon enfance comme lieu mythique… cette opération, somme toute marginale, ne recevra aucun signe en retour, bien que l’adresse de l’expéditeur figure au dos de l’enveloppe format demi commercial.
Sur cette même enveloppe de papier kraft est également mentionné le titre générique [au trou de l’urinoir] donné à cet envoi-exposition, augmenté d’un numéro d’envoi ; toutes mentions dactylographiées.
D’après un mémoire conservé de mes envois postaux, trois courriers sont expédiés le jeudi 28 juillet, aucun le jour suivant. à la relecture des actes publiés [Duchamp, colloque de Cerisy, éd. uge 10/18, 1979], ce séminaire, intitulé [Duchamp, tradition de la rupture ou rupture de la tradition], s’est tenu du 25 juillet au 1er août 1977 ; ne peux, hélas, retrouver les documents à partir desquels les dates de ces journées d’études ont été réinventées. 
[…]
Le mercredi 21 avril 2010, avec l’aide de l’application skype —que je viens de télécharger— premier entretien avec Pierre Leguillon et les étudiants du work.master. l’opération se déroule en deux temps : après un première tentative infructueuse depuis le site de l’école, Pierre opte pour un transbordement de l’équipe —professeur et étudiants— au Mac Donald’s, enseigne équipée d’une connexion wifi gratuite. Les étudiants rapidement identifiés par leurs prénoms : Romain, Nicolas, Save et Aurélien. Tous découvrant mon univers de travail via la webcam de mon ordinateur… puis devant faire face à un manque de batterie, rapatriement de la classe nomade dans les locaux de l’école et poursuite de l’échange au moyen de la classique mais toujours efficace liaison téléphonique… la liste des étudiants ici complétée avec les prénoms Camille, Julie et Vincent… questionnement étudiant vécu tel une inconfortable mise à l’épreuve.
Le soir même, consulte le dictionnaire et recopie les définitions des termes : ostensoir, ostensible, et ostentation…
Suite à cet échange, décide, après réflexion, de ne pas présenter mes fiches d’inventaires sur des tableaux de conférencier mais plus simplement de suspendre au mur les feuilles agrandies au format normalisé C1, regroupées par dossier et assemblées à l’aide de pinces à clef ; soit une installation murale pour cinq à huit dossiers ; éviter ainsi la redondance visuelle avec le dispositif : pupitres + cahiers de la lecture visibles le temps de l’exposition
Résolution prise le 22 avril et message immédiatement déposé sur le téléphone portable de Pierre Leguillon.

Mercredi 2 juin 2010, Genève.
Lecture partielle d’un courriel de Yann Chateigné reçu le 13 avril 2010 : ostentions [travail de l’archive, archives du travail] un projet des étudiants du work.master dans le cadre d’un atelier de pierre leguillon, avec les œuvres de darcy lange et la participation de Lefevre Jean Claude, palais de l’athénée, salle Crosnier, exposition du 3 juin au 31 juillet 2010. Vernissage le mercredi 2 juin 2010…
[…]

Vendredi 9 juillet 2010
Ainsi peut s’exercer, tout à la fois audible, lisible et visible dans sa récapitulative diffusion au générateur, le travail de l’art au travail par Lefevre Jean Claude.

 

 

lefevrelefevre2