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Alberto Sorbelli

 

Mercredi 12 octobre à 20h30 & dimanche 16 octobre à 17h - Le Générateur

L'Esthétique de la folie

Action théâtrale conçue et mise en jeu par Alberto Sorbelli

 

 

Avec la participation de :
Godefroy Ségal / Cie In Cauda Eric Da Silva / Melchior Théâtre Emmanuel Hermange, critique d'art et Thomas Schlesser, historien de l'art


« Je reste complètement hors circuit, [...] ;
j'existe, je suis là, mais je n'en fais pas vraiment partie....
j'en vois une poésie.
Et étant un poète, je vis comme un poète,
dans un espace complètement mental.
La réalité, elle est autour, elle circule,
je la vois, je la touche parfois, [...]. »
Alberto Sorbelli


La désinvolture dans l'art de Claire Lahuerta

…L'année 2011 célèbre les cinq cents ans de l'Eloge de la folie d'Erasme de Rotterdam et les cinquante ans de l'Histoire de la Folie de Michel Foucault…
Alberto Sorbelli propose « L'Esthétique de la Folie », une architecture théâtrale pour deux compagnies de théâtre, une vingtaine de comédiens et deux conférenciers dans le vaste espace du Générateur. Une invitation pour les auteurs, les acteurs et le public à vivre une expérience concrète et esthétique de la Folie.
Oeuvre non théorique et non pédagogique, « L'Esthétique de la Folie »  est un face à face entre deux troupes de théâtre qui jouent simultanément leur propre spectacle avec « Les chiens nous dresserons » par la compagnie In Cauda et « L 'anniversaire » par la compagnie Emballage Théâtre.
Deux conférenciers Emmanuel Hermange, critique d'art et Thomas Schlesser, historien de l'art, s'engagent dans cette joute générale en discourant sur la folie, l'histoire de l'art, la situation théâtrale qui se développe in situ. L'acteur Pippo Delbono, tel un électron libre, s'immisce dans l'action générale, s'insurge, se déplace et commente dans l'énergie et la véhémence qu'on lui connaît, l'esthétique de la situation.


Démarche artistique

Depuis 20 ans Alberto Sorbelli construit à travers ses œuvres une poétique du face à face. Chaque face à face, celui qui existe entre deux êtres ou entre une personne, un public, et l'œuvre même, contient toute la gamme des émotions… Du secrétariat du secrétaire d'Alberto Sorbelli (1990) en passant par la pute (1992), l'agressé (1996) jusqu'aux photos « Tentative de rapport avec un chef-d'œuvre » et « Tentative de rapport avec la société » (2004), chacune de ces créations présentent ces situations de face à face ou de relation.
En 1999, dans son œuvre intitulée En même temps, jeu de média avec la société, il publie simultanément dans dix-huit organes de presse les quatre personnages "archétypes": le secrétaire (1990), la pute (1992), l'agressé (1996) et... le "fol" (1999) [voir encadré], révélant l'évolution d'une architecture de la connaissance de soi et de l'autre. « L'Esthétique de la folie », représente un des développements poétiques de ce quatrième personnage du "fol".

"[...] Une prédiction faite par Hamlet à ses amis dans le premier acte de la pièce alors qu'il vient de rencontrer le spectre de son père. C'est une phrase qui m'intéresse parce que moi aussi il se peut qu'à l'avenir je crois utile de me couvrir de ce masque" Alberto Sorbelli ( Les Inrockuptibles, N°189 mars 1999, p.66)
"As i perchance here after shall think meet, To put an antic disposition on" *
[vu qu'il se peut qu'ensuite il me paraisse bon, d'endosser le naturel d'un fol].
Comme substantif, antic [fol] designe un acteur portant un masque grotesque. L'idée de bizarrerie plus ou moins comique se retrouve dans l'adjectif, appliquée ici à la façon d'être, au comportement.
*Hamlet de Shakespeare, traduction de Michel Grivelet (Ed. Robert Laffont)

 

A propos des artistes et intervenants

 

Alberto Sorbelli

Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, Alberto Sorbelli est né à Rome en 1964. À travers de nombreuses expositions qu'il présente depuis une vingtaine d'années, il vit les quatre identités de ses personnages "archétypes" et les introduit dans des musées où le système médiatique soulignant l'ambivalence des relations d'échange dans la société et le milieu artistique.
Quelques dates :

1990 : Secrétariat du secrétaire de Monsieur Sorbelli et Bureau d'accueil – ENSBA / 1993 : Esthétique de la prostitution – ENSBA / 1994 : Club hiver de l'amour - MAM de la ville de Paris [censuré] / 1995 : Fémininmasculin avec Broadcasting Agency - Centre Georges Pompidou (Just for Cynthia CD Rom) / 1998 : L'Agressé - Musée Guggenheim de New York (puis en 1999 à la 48e Biennale de Venise) / 2003 : Esthétique de la spéculation - Festival Pas vu, Pas pris / Hôtel de l'Industrie à Paris et en 2004 à la Ménagerie de Verre / 2004 : Tragedia con intervallo - Les Laboratoires d'Aubervilliers.


Eric Da Silva

est comédien, metteur en scène, auteur. En 1982, il co-fonde la compagnie l’Emballage Théâtre. À partir de 1987, la compagnie joue ses textes (No Man’s man, Je suis Hiroshima 100 000 degrés de plus que toi, Rapport d’autopsie), tout en poursuivant des incursions (assez sauvages) dans le répertoire. Depuis 2001, Eric Da Silva met en scène et interprète les onze pièces du cycle théâtral qu'il a composé, intitulé Je ne pourrais pas vivre si je croyais que je faisais du mal (interprétation hallucinée de La Misère du Monde de Pierre Bourdieu)... rejoint dans sa démarche par Henri Devier du Melkior Théâtre. Il s'intéresse aujourd'hui aux arts performatifs et a ainsi donné Le nageur se jette à l'eau, dans le cadre d'un travail mené à la Chartreuse sur Finnegans Wake de James Joyce et Je deviens Jimi Hendrix. Autoportrait n°2, lors des 38ème rencontre de la Chartreuse.


Parcours artistique

Il y a une dizaine d’années, après la lecture du livre de Pierre Bourdieu « La misère du monde », j’ai décidé, convaincu et encouragé par quelques-uns de m’aventurer dans ce que je supposais et suis toujours convaincu d’être la vocation d’un écrivain de théâtre, à savoir, partir à la conquête de personnages « de déroute et pourtant d’acharnement » et vont dans notre société et sont dans le paysage théâtral actuel sans représentations, sans visibilités.
J’ai donc écrit une saga composée de dix pièces regroupées sous le titre générique :
« Je ne pourrais pas vivre si je croyais que je faisais du mal ».
Depuis ce projet et davantage qu’avec mes précédents, je considère que le geste fondateur ou déclencheur dans l’acte de théâtre contemporain est celui de subtiliser même si l’habileté frise quelquefois et plutôt deux fois qu’une, une imprudente inconscience, à l’actualité certains de ses monstrueux personnages afin de mouvementer en l’élargissant le bestiaire du répertoire.
L’écriture dans ce cas devient une espèce de manière d’être – conquérante attitude qui tourne (sans apriori de style – fais comme il te plaira) l’évènement en récit et le tient au-delà de son accomplissement, vivant dans la trace du récit.
Si mon écriture prend pied, c’est que je m’incarne dans mon propre temps.
A quoi puis-je vérifier que c’est la bonne aventure ?
Est-il possible que d’autres yeux m’aient poussé puisque c’est avec plus de jambes et plus de bras que je marche et joue – la folie monte.

Sur le parcours d'Eric Da Silva et l'Emballage Théâtre,

Un article de Mouvement signé Bruno Tackels
Sur Esse que quelqu'un sait où on peut baiser ce soir ? J'ai répondu au bois :
Une galerie photo sur L'anniversaire

 

Thomas Schlesser

est né en 1977 et vit à Paris.
Historien de l'art, il travaille en particulier sur les liens entre les champs esthétiques et politiques. Il a publié une quinzaine d'ouvrages, dont Réceptions de Courbet, fantasmes réalistes et paradoxes de la démocratie (Presses du réel, 2007), Paul Chenavard, monuments de l'échec (Presses du réel, 2009), Une histoire indiscrète du nu féminin (Beaux Arts éditions, 2010), L'Art face à la censure (Beaux Arts éditions, 2011). Il est également éditeur, enseignant, chroniqueur à la radio et journaliste pour Beaux Arts Magazine.

 

Emmanuel Hermange

Emmanuel Hermange, critique et historien d’art, enseigne à l’Ecole supérieure d’art et design de Grenoble-Valence. Depuis le début des années 1990, ses textes sont souvent motivés par l’image à l’ère du photographique, qu’il s’agisse de publications scientifiques portant sur les relations entre langage et image au 19e siècle ou de monographies d’artistes contemporains. C’est à l’occasion d’un livre collectif consacré à la collection Louis Vuitton qu’il a écrit pour la première fois sur Alberto Sorbelli. Cette rencontre importante s’est transformée en un dialogue qui ne cesse de se développer selon des formes toujours nouvelles et inattendues comme en témoigne, après ses apparitions lors de quelques Chansons d’amour de Sorbelli, sa participation à l’Esthétique de la folie.
Né à Saint-Malo en 1968, Emmanuel Hermange vit et travaille à Paris et Grenoble.

http://www.archivesdelacritiquedart.org/outils_documentaires/critiques_d_art/296
http://expositions.bnf.fr/legray/reperes/antho/antho.htm
http://etudesphotographiques.revues.org/index102.html
http://clemence.perigon.free.fr/textes_critiques/Une_Ethologie_sans_objet_ni_sujet.html
http://www.photosapiens.com/New-York-02-N40o42-42-W74o00-45.html
http://www.arnaudtheval.com/contrib.htm#hermange
http://www.arnaudtheval.com/expos.htm#cloison
http://jpppage.com/data/textesjeanpascalprinciaux.html


 

Alberto Sorbelli

© Le Générateur

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© A.Sorbelli