Catherine Froment

Dimanche 28 octobre > 16h30

Le Générateur

 

Le Monde XXIème Carte

Performance

 

Accompagnée de Marion Chombart de Lauwe.

 

" Catherine Froment : un choc, un commando, une espérance désespérée, une passion, une viande, une maîtresse de mort et de vie. "

Un portrait saisissant par le poète Serge Pey qui commande à l’artiste une performance pour la Cave de la poésie à Toulouse. Cette dernière intitulée Le Monde, XXIème Carte génère une rencontre troublante entre le public et la performeuse en équilibre au milieu d’une mandorle, nue et parsemées d’énigmes…mettant à l’épreuve l’identité féminine.


" Je la voyais comme une femme en équilibre sur un monde qui tombe. Quel est le rapport de l'homme au monde depuis la nuit des temps : comment l'a-t-il représenté ? Où est l'humain derrière le monde géopolitique ? En mars 2012, le poète Serge Pey m'a commandé une performance à partir de la Carte du Monde du jeu des Tarots que j'ai créée à la Cave Poésie de Toulouse. La carte présente une femme en équilibre au milieu d'une mandorle. Qu'y - a-t-il derrière la Carte du Monde ? La femme se situe à un endroit de passage entre le monde terrestre et le monde céleste. Je la voyais comme une femme en équilibre sur un monde qui tombe. Quel est le rapport de l'homme au monde depuis la nuit des temps : comment l'a-t-il représenté ? Où est l'humain derrière le monde géopolitique ? "
- Catherine Froment

 

Bio

Catherine Froment

Harpiste depuis l'âge de cinq ans, elle utilise son instrument dans plusieurs de ses performances. Comédienne, créatrice, elle crée ses propres spectacles tout d’abord à partir d’auteurs tels que L.Carroll, Rodrigo Garcia, Valère Novarina puis en 2012, elle monte sa première pièce de théâtre en tant qu’auteur également, La Spectatrice de la vitesse. Catherine Froment  est née en 1979. Lyonnaise, elle vit et travaille à Toulouse et à Paris.
www.catherine-froment.fr

 

Et aussi :

Catherine Froment, une artiste de la transfusion des temps, Serge Pey, 17 avril 2012. Catherine Froment, c’est  à dire un démon, un vampire, une bête, un mot descendu de la hiérarchie des anges. Catherine Froment : un choc, un commando, une espérance désespérée, une passion, une viande, une maîtresse de mort et de vie. Catherine Froment : une actrice sortie d’un théâtre et son double d’Antonin Artaud ou de celui de la vie, de Julien Beck.
À force de jouer avec sa chair ou sa dépouille, de la dépasser, de la « suer » dans ses suaires, de la transgresser, de l’exploser au centre des pornographies de l’univers, cette artiste hors du commun, atteint la mystique d’un corps deleuzien  sans organe.

Catherine Froment est une artiste, une actante, une anartiste et une émeutière. Un être fabuleux, mi-homme, mi-bête, mythologique jusque dans ses os, anthropophage à corps perdu.
Poète, metteur en scène, actrice d’elle-même et des autres, elle sait nous réincarner en elle, jusqu’à l’illimité de notre propre corps. Elle est une des rares actrices contemporaines  à savoir inventer sa transgression et la nôtre dans une destruction du théâtre.
« Incarnatrice » de fantasmes et de carnavals, athlète du verbe, poète sans poétisation, on court vers son théâtre comme vers un culte, une cérémonie païenne, un sabbat, une résurrection de vieux rites venus de l’inconnu.
Catherine Froment subvertit, dépasse et hallucine. On dit d’elle qu’elle se suicide dans les nuages parce qu’elle est une science exacte du ciel.

Née à Lyon il y a mille ans, elle est un lion dans le théâtre qu’elle détruit ou refonde, dans ses machineries de torture ou de guerre.
Harpiste, elle joue avec nos dents, et elle seule utilise son instrument comme un arc pour tuer le public ou le féconder. Ses flèches sont les plumes qu’elle tire pour écrire des textes, ou plutôt des trous, entre poème et prose.
Tueuse, prostituée sacrée et vierge inaccessible, guillotinée et avorteuse d’étoiles,  prêtresse d’insurrection,  vestale gardienne d’incendie, meurtrière et réciteuse de prières : elle est un arc-en-ciel des enfers sorti de Dante ou de Bosch.

Catherine Froment ne crée pas des divertissements, mais des gouffres et des vases communicants. Elle est le poète infini de notre mort et de notre vie, la passante considérable d’un nouveau théâtre de la cruauté. Démiurge de la tragédie contemporaine, elle est le bouc égorgé dont on suit les filets de sang dans les rigoles et les ornières du théâtre. Elle est l’artiste du retour des salives et des sueurs, des os de la voix, et des menstruations des guerres de la lune. Son poème permanent tranche nos veines pour une transfusion de temps entre les livres et la vie, au bord de nos bords et de nos boussoles. Au bord de la vie.

 

 

 

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Catherine Froment - Le Monde XXIème carte © Photo Muriel Villeneuve

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Catherine Froment - Le Monde XXI carte © Muriel Villeneuve